Instant Sonore, Vol.2
Où je partage mes moments musicaux favoris avec vous
Bienvenue dans une nouvelle édition d’Instant Sonore, une série d’articles où je choisis cinq chansons et vous présente mes moments préférés chez chacune d’entre elles. Chanson favorite, obsession temporaire ou une simple note particulière, l’important est que le passage soit mémorable.
Au programme cette semaine : Alvvays, Arcade Fire, Nipsey Hussle, Perfume Genius et Young Thug.
Alvvays – Archie, Marry Me
Instant Sonore : 0:25
On commence avec un moment très léger et un peu bête. Il n’y a rien de très époustouflant, j’aime juste l’intonation et la détonation en début de chanson.
You’ve expressed explicitly your contempt for matrimony
You've student loans to pay and will not risk the alimony
Le refrain est bien plus mémorable que cette introduction mais j’ai toujours trouvé que l’identité du morceau se trouvait dans l’accentuation du mot “explicitly”. Et la phrase qui suit permet de construire une histoire romantique moderne assez intrigante. Il a exprimé EXPLICITEMENT son mépris pour le mariage à cause de son prêt étudiant. C’est drôle et assez unique.
Pour parler de la musique en elle-même, Archie, Marry Me offre une grosse dose d’indie-pop et un semblant de rock teenage. C’est un registre que je n’apprécie pas particulièrement mais Alvvays le fait si bien que j’ai fini par accrocher avec ce morceau et le reste de leur musique. Les textes de Molly Rankin sont aventureux, toujours pertinents mais surtout agréables à écouter grâce à des mélodies rêveuses.
Arcade Fire – Sprawl II (Mountains Beyond Mountains)
Instant Sonore : 3:14
Je suppose qu’il n’y a pas besoin de vous présenter Arcade Fire ni leur album iconique The Suburbs. Pourtant, si le groupe canadien est connu de tous depuis maintenant près de 20 ans, je n’ai commencé à les écouter qu’en janvier 2019 lorsque j’ai entendu Sprawl II (Mountains Beyond Mountains) dans un bar à Paris. Si je me souviens bien, j’ai crié pour que quelqu’un utilise Shazam (cc Blandine) et me donne le titre de la chanson tellement j’aimais ce que j’entendais.
J’avais déjà en tête de me lancer dans leur discographie depuis quelques temps, mais rien ne m’avait poussé à le faire avant ce moment. C’est lorsque j’ai entendu les derniers moments retentissants de cette chanson, avec le refrain accompagné d’un synthé presque alarmant, que j’ai compris que je devais absolument m’y mettre.
Le moment dont je parle se produit à 3:14, après plus de trois (3) minutes de build-up et d’intensification. Le refrain a été répété plusieurs fois à ce stade, les paroles se rejoignent aux thèmes qui envahissent l’album : le rêve américain, les années 50 et la modernisation de la société. La pression n’a fait que monter graduellement tout du long… et ça finit par exploser de la plus belle des manières.
C’est un refrain presque crié que j’adore par-dessus tout. Il s’agit sûrement du moment qui définit The Suburbs et peut-être la discographie entière d’Arcade Fire. Je vois ça comme le sommet de ce qu’ils ont construit, une conclusion chargée d’émotions qui tente de se défaire des chaînes de la vie des suburbs, de la vie “idéale” du jeune américain dépourvue de toute créativité.
Nipsey Hussle – Blue Laces 2
Instant Sonore : 2:53
Véritable icône du rap californien, Nipsey Hussle avait un don pour le storytelling. Il avait la voix, la cadence et un wordplay mémorable pour réellement marquer un morceau de son empreinte. Grâce à Victory Lap, il a pu démontrer l’étendue de son talent et enfin être reconnu auprès du grand public. Puisqu’on approche du troisième anniversaire de l’album, je souhaite revisiter un titre en particulier : Blue Laces 2 et son histoire captivante.
Il y a peut-être d’autres chansons plus populaires et mémorables sur cet album, comme Last Time That I Checc’d, Hussle & Motivate ou Grinding All My Life, mais c’est sur ce morceau en particulier que le talent de Nipsey rayonne.
Blue Laces 2 raconte son chemin parcouru depuis son origine de membre de gang à son ascension en tant qu’entrepreneur. Il y a un contraste intéressant à faire avec les paroles de Blue Laces, sorti en 2010, qui emploie un ton bien plus vicieux. Ici, Nipsey apparaît comme plus expérimenté, comme un homme qui a réussit à se sortir d’une vie de violence et qui cherche à encourager sa communauté à le suivre. Là où un jeune Nipsey se montre plus intrépide, sa version de 2018 semble plus calme et sereine.
C’est surtout à 2:53 que son émotion brute se fait ressentir. Contrairement à ce qu’il fait sur le reste de l’album, Nipsey prend ici le temps de ralentir. Sur ce dernier couplet, le beat se met en arrière-plan pour laisser place à une conclusion poignante. C’est tellement bien raconté et tellement important dans le contexte de son vécu que j’en ai parfois des frissons.
I flashback on that shootout at the beach
Twenty deep, you tried to squeeze, your gun jammed and they released
Blood on your tee, how many stains? I see three
Perfume Genius – On The Floor
Instant Sonore : 3:06
Perfume Genius était l’une de mes dernières obsessions de 2020. J’ai sûrement passé les trois derniers mois de l’année à écouter sa musique tellement j’ai adoré sa grande variété de mélodies et la vulnérabilité des paroles de Set My Heart On Fire Immediately.
Sur On The Floor (un banger absolu, top 3 de 2020), c’est surtout la percussion qui m’intéresse. On entend le refrain à trois reprises, spécifiquement la phrase “I cross out his name on the page” où la batterie l’accompagne sur chaque mot, mais il y a une légère évolution au cours du morceau qui me plait beaucoup.
La première fois qu’on entend cette phrase à 0:56, la batterie est là pour donner un petit coup d’accélérateur et dynamiser le refrain. La deuxième fois, à 1:53, Michael Hadreas ralentit légèrement sa cadence pour donner un peu plus de force aux percussions, histoire que ça raisonne d’avantage.
C’est subtil et plutôt efficace, mais c’est à 3:06 que le vrai plaisir se trouve. Cette fois-ci, il ne fait pas que ralentir mais il prend le temps de bien d’espacer et d’accentuer chaque mot pour que son batteur se lâche à chaque coup de baguette. La montée graduelle en intensité fait du refrain l’opportunité idéale d’expulser le plus d’énergie possible.
On The Floor nous offre l’opportunité parfaite à trois (3) reprises de parfaire nos headbangs. Et si l’occasion se présente de balancer ma tête de haut en bas à répétition jusqu’à provoquer un mal de tête, je n’ai pas d’autre choix que d’accepter.
Travis Scott, Young Thug – Skyfall
Instant Sonore : 2:35
Je ne suis pas un grand fan de Travis Scott, mais Days Before Rodeo est peut-être son projet qui m’attire le plus. C’est loin des paillettes et du perfectionnisme d’ASTROWORLD, mais ça reste une mixtape remplie d’idées de qualité.
Rien que sur les six premiers morceaux, de l’introduction à Skyfall (écrit Skyfall sur la mixtape et Sky Fall sur la version Spotify pour une raison inconnue), on remarque beaucoup de moments intéressants et créatifs. On remarque quelques influences évidentes de K*nye W*st, mais la globalité du projet est tout de même beaucoup moins lisse que la musique qu’il produit aujourd’hui, avec un côté graveleux en plus.
Cela étant dit, sur ce morceau en question, c’est surtout Young Thug qui m’intéresse. Travis plante le décor en première partie et permet l’introduction de Thugger à 2:35 avec un drop hyper satisfaisant.
Le flow qui suit est parfait, c’est du Young Thug typique. On comprend à peine ce qu’il dit mais ça frappe fort. Le timing du kick avec son entrée, la répétition du refrain, tout est aligné pour construire un moment mémorable.
C’est tout pour cette semaine ! J’espère que ce volume vous a plu, n’hésitez pas à partager ou à vous abonner à la newsletter si ce n’est pas déjà le cas. Il reste encore beaucoup d’autres Instant Sonore à venir…


